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72 % des salariés prêts à investir pour se former (2e baromètre Lefebvre Dalloz Compétences)

Par Valerie Grasset-Morel | Le | Compétences

La recherche de financements pour former les salariés occupe une place centrale dans l’activité des responsables formation, selon le second baromètre de la formation professionnelle de Lefebvre Dalloz Compétences, publié le 10 janvier 2024. Le CPF co-construit avec le salarié est le dispositif de financement qu’ils plébiscitent le plus, en dehors du plan de développement des compétences. De leur côté, 72 % des salariés interrogés se disent prêts à investir de l’argent pour se former.

72 % des salariés prêts à investir pour se former (2e baromètre Lefebvre Dalloz Compétences)
72 % des salariés prêts à investir pour se former (2e baromètre Lefebvre Dalloz Compétences)

Maîtriser les arcanes financiers de la formation professionnelle

L’enjeu pour les responsables formation d’entreprise est de maîtriser la réglementation sur le financement de la formation et l’articulation des dispositifs pour trouver d’autres solutions financières que le PDC. Et ce, d’autant plus que « 63 % d’entre eux estiment ne pas être suffisamment accompagnés par leur Opco dans la recherche de financement ».

Opco - © Lefebvre Dalloz
Opco - © Lefebvre Dalloz

  • Le secteur de l’industrie se dit « plutôt » accompagné dans cette quête de fonds supplémentaires, avec 78 % de « oui, plutôt » et « non, pas vraiment » ;
  • Le secteur banque-finance-assurance se déclare insatisfait de l’accompagnement de son Opco avec 61 % de « non, pas vraiment » et 28 % de « non, pas du tout » ;
  • Le secteur des professions juridiques estime n'être pas assez accompagné avec 53 % de « non, pas du tout » et 29 % de « non, pas vraiment » ;
  • Les travailleurs indépendants disent à 57 % qu’ils ne sont « pas du tout accompagnés » par leur Opco sur ce sujet de la recherche de financements ;
  • Les petites entreprises jusqu'à 10 salariés ne sont majoritairement pas accompagnées sur ce point (40 % de « non, pas vraiment » et 32 % de « non, pas du tout »') ;
  • Les entreprises de 50 à 1.000 salariés et plus, elles ne sont pas vraiment accompagnées (à 45 % chacune environ). 
  • Seules les entreprises de 20 à 50 salariés semblent tirer leur épingle du jeu en affirmant pour 50 % d’entre elles être « très bien accompagnées » ;

Le CPF co-construit, un financement alternatif au PDC

« Pour la majorité des décideurs, le CPF co-construit est un financement alternatif au PDC. » Il est donc primordial pour les entreprises, de connaître l’offre des formations éligibles au CPF afin d’accompagner au mieux la montée en compétences des actifs.

Parmi les dispositifs de financement les plus plébiscités par les responsables formation, hors PDC, le CPF co-construit se place largement en tête (41 %), loin devant le FNE-Formation (18 %), le PTP (projet de transition professionnelle) (17 %), et devant la Pro A (14 %).

Formes de co-construction

La majorité (66 %) de ceux qui ont recours au CPF co-construit versent une dotation volontaire (de gré à gré), 20 % des responsables formation disent mettre en place un droit supplémentaire (accords collectifs). Parmi les réponses « autre », selon les situations, l’entreprise autorise la formation sur le temps de travail ou elle abonde pour compléter le financement accordé au collaborateur pour sa formation.

La hauteur des abondements effectués :

  • 35 % des répondants effectuent un abondement inférieur à 500 €,
  • 35 % en font un entre 500 et 1.000 €.
  • Ils sont 10 % à abonder de 1.000 à 2.000€, et 20 % à abonder au-delà de 2.000 €.

Les auteurs du baromètre précisent que « la majorité des entreprises accompagnent les salariés dans le dépôt de leur dossier CPF, qu’il soit personnel ou co-construit ».

Utilisation modérée du CPF

• 65 % des répondants au baromètre indiquent ne pas avoir débloqué leur CPF. En 2022 la tendance était la même (68 % avaient déclaré ne pas avoir utilisé leurs droits CPF).

• En croisant avec les secteurs d’activité,  les professionnels ayant le plus débloqué leurs droits sont les professionnels de :
- la banque-finance-assurance (18 %)
- de l’enseignement-formation (17 %).

• En ce qui concerne les différents profils, ceux ayant le plus fait usage de leur compte sont : 
- les collaborateurs susceptibles de participer à une formation (46 %),
- les décideurs formation (38 %)
- les managers d’une équipe (16 %).

• L’instauration d’un reste à charge pour le CPF est un sujet qui apparaît comme étant connu pour 57 % (« oui, tout à fait » et « oui, plutôt ») des répondants. 

La formation, « un levier stratégique dans l’entreprise »

La formation professionnelle est de plus en plus perçue comme un levier stratégique dans l’entreprise et cette tendance s’accélère d’année en année avec un gain de plus de 16 points (80 %) par rapport au premier baromètre. En 2023, la formation était considérée comme stratégique à hauteur de 64 %.

Les organisations ont conscience qu’investir dans le développement des compétences des collaborateurs est essentiel pour rester compétitif sur le marché et s’adapter aux changements rapides de l’environnement professionnel.

« La formation permet l’acquisition de nouvelles compétences, l’amélioration des performances individuelles et collectives, la rétention des talents et l’attraction des meilleurs profils. Les entreprises intègrent de plus en plus la formation dans leurs plans stratégiques témoignant ainsi de ces enjeux et des impacts sur la performance de l’entreprise. »

72 % des actifs prêts à investir de l’argent pour se former

72 % des actifs interrogés sont prêts à contribuer au financement de leur formation. Cependant, « une majorité a répondu “oui plutôt”, ce qui indique une tendance assez prudente de leur part à investir leur propre argent dans la formation aujourd’hui », selon le baromètre.

« Cela peut être mis en lien avec le fait qu'à ce jour, le dispositif CPF est encore peu débloqué par les salariés mais aussi que les nouvelles possibilités de financement (cofinancement CPF) sont encore peu connues et/ou mises en avant au sein des entreprises. »

Évoluer dans son métier

L’enjeu principal de la formation reste pour les actifs, en 2024, « de pouvoir faire évoluer leurs pratiques et ainsi être plus performants dans leur métier ».

Financer sa formation - © Lefebvre-Dalloz
Financer sa formation - © Lefebvre-Dalloz

  • 79 % y voient l’opportunité de faire évoluer leurs pratiques au sein de leur métier ;
  • 58 % considèrent que la formation est incontournable pour leur permettre de conserver leur attractivité professionnelle ;
  • 54 % que la formation est un moyen de réaliser différemment ses missions ou d’en intégrer de nouvelles pour ne pas se lasser professionnellement ;
  • 49 % estiment que la formation est l’opportunité de prendre du recul sur ses pratiques ;
  • 28 % qu’elle est une nécessité pour se reconvertir ;
  • 9 % jugent que la formation est difficilement gérable au vu de la charge de leur travail et de leur emploi du temps.

« La plupart des actifs ne souhaitent pas se reconvertir mais veulent évoluer dans leur entreprise. Cet engagement des actifs représente un enjeu important pour l’entreprise en termes de gestion et de fidélisation de ses talents, mais aussi pour déployer une politique de mobilité professionnelle interne. »

Méthode

• Enquête en ligne, de mai à août 2023.

• 883 répondants : des décideurs formation ayant en charge le PDC dans les entreprises, des managers et des collaborateurs susceptibles de participer à des formations.

• 98 % des répondants sont des actifs en emploi et 79 % d’entre eux ont entre 35 et 59 ans. Ils sont principalement cadres (60 %) et Etam (26). Il y a également quelques professionnels libéraux (9 %).

Concepts clés et définitions : #PDC